Manifeste

epicanthus est un carnet littéraire en ligne de Mathieu Maes. Le lecteur y trouve des nouvelles, des fragments, des textes poétiques en constante réécriture.

C’est un endroit qui relie des textes en mouvement, et qui invite, malgré leur caractère provisoire, tout visiteur du site à y trouver du plaisir à leur lecture.

Chaque page peut être reprise par l’auteur, déplacée, amputée, prolongée, contredite. La date de publication importe moins que celle de la dernière réécriture. Chaque texte provisoire subit des transformations successives et leur ensemble compose une bibliothèque mouvante.

Ces fragments réunis ici empruntent à la poésie, à la nouvelle, au récit bref, parfois au roman. Ils refusent cependant de se laisser enfermer dans un genre. Ils avancent par associations, ruptures, silences, images et détours. Ils privilégient l’intuition à la démonstration, l’ambiguïté à l’explication, le rythme à l’efficacité.

À l’heure où une part croissante de la production littéraire tend vers des formes prévisibles, immédiatement consommables et souvent générées ou façonnées par des logiques d’optimisation, epicanthus revendique le droit à l’irrégularité et à l’imperfection.

Le droit au mot qui cherche le sens plutôt qu’il ne le confirme, le droit au doute et le droit à l’arbitraire. Le droit au plaisir, fut-il passager, d’une lecture légère.

La langue n’y est pas un simple véhicule. Elle est une matière vivante. Les glissements de sens, les rapprochements inattendus, les ruptures de registre et les bifurcations sémantiques ne sont pas des accidents : ils constituent la méthode même de l’écriture.

La lectrice et le lecteur ne sont pas invités à parcourir un catalogue de publications à vendre. Chacune et chacun est invité à entrer dans un atelier. Les éventuels commentaires sont bienvenus à l’adresse internet@epicanthus.org.

Si une cohérence existe, elle ne naît ni d’un plan, ni d’une stratégie, ni d’une doctrine. Elle se construit lentement, au fil des réécritures, comme les ramifications d’une pensée qui accepte de ne jamais se fixer définitivement.

La seule conviction d’epicanthus est qu’une littérature demeure vivante tant qu’elle accepte de rester inachevée.